Les effets des conditions économiques, de la mondialisation des marchés et de la restructuration amorcée par Honeywell, propriétaire des Produits de spécialité North, amènent la fermeture de North, en novembre 2008. De cette restructuration, 90 travailleurs perdent leur emploi. L’heure était grave et il fallait agir puisque la direction de North soutenait qu’il n’y aurait pas de relance possible. La Municipalité de Rawdon, mise au fait de ces pertes d’emplois massives, est intervenue sur-le-champ avec l’aide du CLD de la Matawinie. Une équipe multidisciplinaire de relance a travaillé d’arrache-pied afin de transférer les employés, mais aussi, de faire du maillage entre les entreprises de la filière plastique de la Matawinie et ainsi récupérer certaines lignes de la production de North.
« Notre première préoccupation », souligne Louise Major, qui est aussi vice-présidente du CLD, « était de relocaliser les employés afin de diminuer les effets de cette fermeture sur la main-d’oeuvre. De plus, nous devions, pour l’avenir de nos industries et de notre économie, conserver, le plus possible, les employés qualifiés en Matawinie. Le conseil de ville derrière moi, nous avons choisi d’être proactifs. »
De son côté, Gaétan Morin, président du CLD de la Matawinie, confirme que « dans ce dossier, Louise Major a agi en tant qu’agente de liaison. » Cette dernière a rapidement communiqué avec le CLD de la Matawinie pour lui confier le mandat de valider le statut définitif de la décision de North et vérifier la disponibilité d’outils leur permettant d’atténuer l’impact négatif d’une telle fermeture ou, à tout le moins, le modifier. La décision était bel et bien définitive.
De nouvelles avenues pour les travailleurs de North
Lors d’une fermeture d’entreprise, le CLE a pour mission de créer un comité d’aide au reclassement, ce qui a effectivement été réalisé. Découlant de l’action de ce comité, 22 % des 66 travailleurs inscrits ont trouvé un nouvel emploi, 27 % sont retournés aux études et 5 % ont misé sur un projet de création d’entreprise.
Comme le souligne Carolle Bibeau, directrice des centres locaux d’emploi de Rawdon et de Saint-Jean-Matha, « le comité d’aide offre plusieurs services aux travailleurs, notamment l’aide à la création d’un curriculum vitae pour faciliter la recherche d’emploi, la formation permettant de réussir un examen de passage en 5e secondaire et, finalement, le service d’orientation. »
Parallèlement, à l’intervention du CLE, le CLD regardait les possibilités de déménager la production de North à travers les entreprises de la filière plastique de la Matawinie.
S’entourer de spécialistes
Comme l’explique Gaétan Morin, « notre équipe multidisciplinaire avait pour mandat, avec la collaboration du Conseil de la Municipalité de Rawdon, de relocaliser une partie de la production jadis faite par North et de ses employés. Nous avons rapidement informé les entreprises de notre territoire de la disponibilité de certaines divisions de North et d’employés qualifiés en recherche d’emploi, en plus de confirmer l’intention du CLD de la Matawinie de supporter tous les projets touchant la plasturgie, que l’on pense aux projets d’expansion ou de croissance des entreprises de la Matawinie. »
L’entreprise APR s’est montrée intéressée et a donc récupéré une des lignes de produits de North. Elle fabrique maintenant les casques antibruit. Cette transaction a permis à APR de créer trois nouveaux emplois à temps plein et d’en consolider deux autres, composant ainsi une équipe de cinq travailleurs spécialisés. C’est donc un revenu supplémentaire de 150 000 $ par année, avec possibilité de 100 000 $ additionnels. Afin de réussir cette transaction, APR a investi pas moins de 45 000 $ en équipement et près de 100 000 $ afin d’aménager un nouveau bâtiment, qui, à la suite d’une entente, permettra à Rawdon Métal d’y installer sa production.
De son côté, Romolco annonce fièrement le rapatriement de la ligne de fabrication des cônes de rue. Cette transaction lui permet d’augmenter de 3,5 le nombre d’employés et de consolider les emplois actuels. Romolco a, de plus, majoré de façon importante son chiffre d’affaires de 750 000 $ par année.
D’ajouter, M. Morin, « Depuis la restructuration du CLD et la nouvelle philosophie de travail de notre équipe, nous sommes plus engagés. Nos conseillers sont, aujourd’hui, plus actifs sur le terrain et travaillent de près avec les entreprises de notre territoire, en vue de consolider leurs opérations. Pour ce faire, la collaboration entre le CLD et les municipalités est nécessaire. »
Il ajoute « qu’à cette même période, le CLD a saisi l’opportunité et travaillé à favoriser le développement des projets en cours dans la filière plastique afin d’accélérer leur mise sur pied, et ce, toujours dans l’objectif de créer de nouveaux emplois liés au domaine de la plasturgie. Il faut se rappeler qu’au CLD, nous offrons plusieurs services gratuits pour les entreprises et les organismes de notre territoire. C’est ainsi que nos professionnels ont accompagné techniquement et financièrement Les plastiques Roto-Spec, de Saint-Félix-de-Valois, dans un nouveau projet d’exportation. Cet important projet permettra de doubler, voire tripler, d’ici 2012, le nombre d’employés. De plus, le volet « injection de plastique » sera octroyé en sous-traitance dans la Matawinie. » Les négociations étant en cours, nous ne pouvons parler plus longuement de ce projet ainsi que des deux autres en cours pour les entreprises de la filière plastique de notre territoire.
Une formation en plasturgie
De plus, le CLD, de pair avec la Commission scolaire des Samares, s’est donné pour mandat de mettre sur pied une formation en entreprise dans le secteur de la plasturgie. Cette formation a pour objectif de répondre aux besoins de main-d’œuvre spécialisée. Cependant, en raison du ralentissement économique, les besoins en formation se sont avérés moins urgents, cette formation est encore disponible et nous attendons le signal des entreprises pour la redémarrer. Dans ce dossier, la Municipalité de Rawdon a été largement active, car, dès le départ, Mme Major s’est dite « enthousiasmée par le projet puisque cette industrie représente un créneau important de l’activité économique de la Municipalité et est essentielle pour son avenir et sa croissance. Il est donc nécessaire de bien former les employés afin que les entreprises demeurent compétitives et que les emplois spécialisés soient maintenus chez nous. »